La culture en France étant à peu près dans le même état que l'agriculture, beaucoup d'artistes, comme les paysans, vivent de secours, d'aides diverses.
Je suis pour ma part... sponsorisé ? Parrainé ? Disons subventionné par le RMI. Momentanément, j'espère... Ce qui m'oblige souvent à serrer ma ceinture de plusieurs crans mais me gratifie également d'un privilège immoral et scandaleux (au dire de notre président et de ses amis Medef & CAC 40) : du TEMPS ! Du bon temps à profusion ! Une orgie de temps libre ! A ne savoir qu'en faire ? Ah si si ! Z'inquiétez pas, messieurs Medef et CAC40, je sais l'utiliser ce temps qu'on me prodigue : pour composer mes ziziques zé chansonnettes ; pour lire, me cultiver... apprendre à jouer du trombone à coulisse ; pour acquérir la maîtrise totale du point virgule, comme vous pouvez voir ; pour me promener dans Paris le nez au vent ; mais aussi pour écrire.
Hé oui mon président ! Sans le moindre ami Guaino pour me prêter sa plume ou me souffler à l'oreille le bon mot ou la bonne tournure, j'ai écrit ce petit roman : Salades à la parigote. Hmm... ? Ah non, c'est pas un bouquin de recettes de cuisine à l'usage de mes collègues RMIstes, genre « Chiffonnade de fanes de radis aux petits croûtons de la poubelle du voisin ». Non que je sois bêcheur, que je pète plus haut que mon cul (d'ailleurs je ne pète plus : mon organisme s'est adapté et recycle chaque particule de nourriture, même gazeuse), non non… Enfin bref, il ne s'agit pas d'un livre de cuisine mais d'un roman. Ah c'est pas non plus de la grande littérature à l'instar d'un Houellebecq ou d'un Michel Drucker... c'est juste une petite histoire marrante racontée sans façons, un peu comme au bistrot à l'heure de l'apéro.
Faut l'acheter mon président hein ! C'est très frais, idéal à lire en croisière sur un petit yacht de 60 m , un cocktail et un top model à portée de la main. Et d'une pierre deux coups : si vous l'achetez en grande quantité, pour vos nombreux amis CAC40 et Médef, moi je suis riche dans l'année et zou ! Un parasite de moins !
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Ange et Gu, petits magouilleurs bidouilleurs, par penchant naturel et nécessité d'adoucir leurs rustiques fins de mois de RMIstes, mijotent une arnaque minable aux dépens de Miloud, ancien braqueur et patron de l'hôtel-restaurant « Le Berbère fidèle ».
Les bistrots de quartier sont la scène principale de cette petite histoire de la France d'en marge. À leur zinc, la fantasque Ségolène, Rififi le dur de dur, l'aventurière Maximilia… Le Capitaine, éminent expert en pastaga et truculent chroniqueur de comptoir conte la mort tragique de Tarzan et l'amour impossible de Ramdan pour une pute de luxe. Retranchés « chez Nino » autour de la pompe à bière, désemparés ou amusés, les natifs, les indigènes, commentent l’invasion récente des bobos colonisateurs et, à l’opposé, la ghettoïsation de certaines cités.
On pourrait dire des protagonistes de ce roman qu'ils sont des perdants nés… mais comme dit Gu : « ni loseur, ni ouineur ! Je participe pas à la compèt', j'te dis ! Tu piges ? » |